Halifax et le passage de l’Ouragan Juan

Si un ouragan frappait votre ville, que feriez-vous? Où iriez-vous? À quel point cet événement changerait-il votre vie? 

En 2003, l’ouragan Juan a frappé la ville d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, causant la mort de huit personnes en plus de nombreux dégâts matériaux. La municipalité s’est retrouvée sans électricité pendant près de deux semaines.

La catastrophe influenca la vie de certains de ses habitants pour le pire, alors que pour d’autres, l’événement représenta l’occasion de changer les choses. 


J’ai entendu parlé de l’histoire du Wooden Monkey par hasard, alors que je cherchais un resto pour faire l’expérience d’une nourriture typiquement haligonienne. Le récit de cette femme qui s’est inspirée de la catastrophe pour ouvrir un restaurant quelques mois à peine apres le passage de Juan, m’a interpellé. 

J’ai donc entrepris des démarches pour  rencontrer la copropriétaire de l’établissement, Lil Macpherson. Après  quelques échanges de courriels, nous nous sommes entendus sur une date et une heure de rendez-vous.

C’est accompagnée de mon fils Joshua que j’ai rencontré cette femme dans la fin quarantaine-debut cinquantaine, aux cheveux bruns, aux yeux pâles et au sourire pétillant. J’ai tout de suite été conquise par sa personnalité colorée et son côté terre-a-terre.

Après quelques fous rires, nous avons entamé le sujet et elle m’a raconté ce qu’elle avait vécu.
 
Lil se trouvait à l’exterieur de la vile au moment des faits. Dès qu’elle réussit à  prendre l’avion pour le retour, elle raconte avoir ressenti l’impact de ce qui venait d’arriver. Dans l’avion, c’était le silence total alors que la plupart des passagers tentaient de donner un sens à l’imcomprehensible. Du haut des airs, la ville ressemblait à une zone de guerre.

De retour chez elle, l’événement l’avait emmené à se poser de serieuses questions sur l’avenir d’Halifax et celui de son système d’approvisionnement alimentaire.  Après un court moment de réflexion, Lil décida de contribuer à sa façon au vent de changement qu’elle jugeait nécessaire dans sa communauté.

Elle choisit donc d’ouvrir son propre restaurant qui aurait pour vocation de servir des aliments frais, sains, mais surtout bons pour la santé.

Étant serveuse depuis 20 ans, elle connaissait bien le domaine de la restauration. Armée de courage et de détermination, elle parvint à convaincre des amis ainsi que des fournisseurs locaux de se joindre au projet.

Neuf mois après le passage de l’ouragan, le Wooden Monkey ouvrait ses portes en plein coeur d’Halifax. Le restaurant, qui a aujourd’hui deux succursales, s’approvisionnne en produits bio provenant de fournisseurs de la région.

Aujourd’hui, Lil a à coeur la question d’alimentation et la santé de sa communauté.  Son souhait est d’être élue en politique pour appliquer des changements à plus grandes échelles. 

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Kindred Spirits

Having a place to stay while on vacation is a crucial part of a trip. From all the options available out there, you need to pick a place where you can feel at ease, safe and where you can rest. It’s that part of the trip that will make the experience better or worse. Once you’ve chosen the right accommodation, the people on site will play an even bigger role by providing the service you deserve. 

Last summer, I went with my 8 year old son Joshua on a road trip in the East coast of Canada. We were visiting the beautiful provinces of New Brunswick, Nova Scotia and Prince-Edward-Island. While on the Island, we were invited to stay at the Kindred Spirits Country Inn & Cottages, a charming resort located on six acres in the heart of Cavendish, on the Northern shore of PEI. 

The resort is conveniently located in the center of the village, just next door to Anne of Green Gables Historical Park and close to the beach. It’s a 20 minute walk along the gorgeous Lake of Shining Waters. There’s a hand full of restaurants nearby. On site, there’s a central playground, games room, hot tubs, a campfire place, a pool and a fitness centre. There’s even recreational activities offered on every given evening. 

The Inn is a simple but yet charming white Victorian style country home surrounded by 20 cottage houses with everything needed for a great stay. I’ve experienced different types of accommodations in the past, whether it’s crashing in my car on a freezing fall night or sleeping in a luxurious five star hotel, I can say I’ve seen it all. However, I have yet to feel so welcomed like I felt at Kindred Spirits. 

What was so special about this place is that it’s a super friendly resort. The property has been in the James family for more than 30 years. Dan, Becky and their daughter Evelyn, second generation Innkeepers, actually live on the property. Dan and Becky, and Dan’s parents before them, consider Kindred Spirits’ staff and guests to be an extension of their own family and it shows. 

From the receptionist to the concierge, their staff is amazingly generous.  I loved them all, but heartfelt the personality of the front desk lady, Dana, a particularly witty middle aged woman with a great sense of humor. She greets each and every guest with a wide and contagious smile as if she hadn’t seen you in a while and was thrill to meet you again. 

At Kindred Spirits, I really felt like I was at home, but not quite home, which is the whole point of a getaway.

 

Anne et la maison aux pignons verts

À l’Île-du-Prince-Édouard, l’un des incontournables attraits, c’est Anne… la maison aux pignons verts. Impossible de se promener dans la province sans faire de près ou de loin l’expérience du fameux personnage aux cheveux roux tiré tout droit de l’imaginaire de Lucy Maud Montgomery.

Dès notre arrivée sur l’île, une série de magasins et de kiosques nous invitent à partager l’univers de la jeune orpheline. Pour quelques dollars, les gens peuvent enfiler un costume d’époque avec une perruque coiffée d’un chapeau pour s’amuser à jouer le rôle d’Anne et ensuite se faire prendre en photo. Homme comme femme, petit et grand, noir ou blanc, nombreux sont ceux qui se prêtent au jeu. 

Depuis sa parution en 1908, le roman s’est vendu à 50 millions d’exemplaire partout à travers le monde et a été traduit dans plusieurs langues. 

Le roman de Montgomery raconte l’histoire d’une orpheline qui, par erreur, se fait adopter par un couple qui décide de la garder malgré tout. 

L’auteure s’est inspirée de son enfance sur l’Île-du-Prince-Édouard pour décrire les aventures de son personnage.  La maison, dont elle s’est servie pour écrire ses textes est située dans le village de Cavendish et attire des milliers de visiteurs durant la saison estivale.

Si nous avions résisté à la tentation de rentrer dans la peau du personnage, dans ce magasin à l’entrée de la ville, dans la maison d’Anne, c’est une toute autre histoire. Mon fils Joshua et moi nous amusons à enfiler la perruque disponible dans le carrosse et nous faisons le tour du site qui comprend la demeure qui a inspiré le roman, un sentier boisé, une grange, une crèmerie et un terrain où repose aujourd’hui la romancière. 

C’est une journée chaude et humide; les visiteurs sortent et entrent sur le site par centaine. Il faut faire la file pour voir la maison, qui originalement appartenait à un membre de la famille de Montgomery. 

D’ailleurs, certains membres de sa parenté habitent toujours dans une des résidences située un peu à l’écart du lieu touristique. 

Pour ma part, je me rappelle encore de la série télévisée Anne… la maison aux pignons verts diffusée durant les 1990 sur les ondes de Radio-Canada. Je devais à l’époque avoir environ 10 ans et chaque semaine, je suivais religieusement le nouvel épisode que j’attendais avec impatience. 

C’était pour moi un délice à chaque fois. J’aimais me perdre dans l’imaginaire de cette petite fille aux cheveux roux que j’admirais pour son audace, sa vivacité et sa force de caractère. 

Plus récemment, une nouvelle adaptation du roman a été diffusée sur la chaîne anglophone CBC et au printemps sur Netflix. Il faut croire que le personnage d’Anne Shirley n’a pas fini de nous charmer. 

L’Île-du-Prince-Édouard  et l’homme aux milles bouteilles

Si vous aviez la possibilité de créer une œuvre unique, quelle serait-elle? Par où commenceriez-vous? Quels matériaux vous utiliseriez? Et combien de temps consacreriez-vous à l’accomplissement de cette création?

J’ai toujours  eu une grande admiration pour ces gens qui ont l’audace d’entreprendre et de concrétiser un projet hors de l’ordinaire, sans avoir de motif autre que de partager leur passion avec le monde. Ces récits me rappellent à quel point l’humain est un être profondément créatif.

Avant de partir à la découverte de l’Est canadien, j’avais fait quelques recherches sur internet et je suis tombée sur l’intrigante histoire d’un homme du nom d’Édouard Arsenault qui avait construit des maisons faites de bouteilles en verre. À prime abord, l’idée m’avait parue très farfelue, mais le texte avait piqué ma curiosité.

20170716_181644Édouard était un pêcheur et charpentier natif de l’Île-du-Prince-Édouard. Un acadien fier à l’humour sans pareil. Un jour, l’homme eut l’idée de construire un abri fait principalement de bouteilles de vitre.  L’idée lui était venue de sa fille Rejeanne qui, étant en visite en Colombie-Britannique, lui avait envoyé des cartes postales avec la photo d’un château de bouteilles.

Édouard se mit d’abord à la recherche de bouteilles vides qu’il trouvait dans les salles de danse et dépotoir. Au printemps de 1980, il se mit à la construction d’une villa à six pignons de 13 pieds de haut. Quelques mois plus tard, il poursuivit avec la fabrication d’un deuxième, puis d’un troisième logement, mais cette fois sous forme de chapelle. 

Peu de temps après, au printemps de 1984, le pêcheur et charpentier de métier s’éteint à l’âge de 70 ans. Cinq ans et près  de 25 000 flacons auront été nécessaires pour la réalisation de son projet. Ses créations sont aujourd’hui devenues une attraction populaire sur l’île et des gens viennent d’un peu partout pour admirer les monuments. 
C’est ainsi que mon fils et moi, nous sommes retrouvés sur la route 11, à Cap-Egmont, une municipalité de l’île après avoir traversé l’un des plus longs ponts au monde, celui de la Confédération, afin de voir les fameuses maisons de bouteilles.

Sur le bord du détroit de Northumberland, à Cap-Egmont,  il existe un endroit magique où des lumières de plusieurs couleurs brillent à la lueur du soleil. Ces lumières vertes, bronzes, claires et bleues scintillent et donnent l’impression de danser aux rythmes des vagues.  Il s’agit en fait du reflet des milliers de bouteilles qui ont servi à la construction des œuvres d’Édouard.

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Dès l’arrivée sur le terrain de la maison principale, qui tient lieu d’office et de boutique, l’odeur de fleurs et de plantes vient tout de suite caresser les narines. On sent alors qu’une espèce de féérie flotte dans l’air. Le magasin déborde d’articles en vitrail tels que des tasses, des bibelots et toute sorte d’objets décoratifs.  Au centre de la boutique, il y  a le comptoir-caisse où les gens paient pour voir les habitations sur le terrain arrière.

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Tout semble en parfaite harmonie avec la nature dans cet univers. Au cœur du terrain, il y a une fontaine placée au centre d’un étang. L’étang est jalousement protégé par un jardin en constante évolution. Autour du jardin, ce sont les deux maisons et la chapelle de bouteilles construites par le charpentier.

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Par moment, les visiteurs peuvent être nombreux sur le site. Mais en cette fin d’après-midi chaud et ensoleillé, c’est le calme. Mise à part un couple qui se promène dans le jardin, nous sommes Joshua et moi seuls à visiter en toute quiétude l’espace.

Je suis ébahie devant le travail de cet homme.  J’imagine le temps, le dévouement et la patience  qu’il lui aura fallu pour arriver à ses fins. Assise dans la chapelle, où sa photo accompagnée d’une note descriptive sont accrochées, je lui rends hommage en prenant un moment de silence.  J’ose croire que là où son esprit se repose, il contemple lui aussi le travail accompli et l’inspiration que ses œuvres procurent aux visiteurs.

Saint-John et le Market Square

«Quand la vie te donne des citrons, fais-en une limonade» auteur inconnu.

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En nous levant ce matin, tout semble gris. La température est froide et pluvieuse, mon moral est à plat, sans aucune raison apparente, et mon fils Joshua est aussi d’humeur bougonne. Je soupçonne la grisaille d’être à l’origine de nos maux.

Tout s’est pourtant si bien passé depuis le début de nos vacances. La chaleur et le beau temps étaient de la partie. Nous avons fait plusieurs activités excitantes comme la tyrolienne au dessus des chutes de Grand-Sault, mangé des plats succulents et fait la découverte d’endroits intéressants.

L’objectif de la journée:  visiter le Musée du Nouveau-Brunswick qui se trouve à Saint-John, la deuxième plus grande ville de la province. C’est à environ une heure de là où nous sommes, à Fredericton.

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Le musée est à l’intérieur du Market Square, un centre d’achat situé sur le bord du Fleuve Saint-Jean au centre-ville. Les environs ont toutes les allures d’un endroit où il fait bon s’y promener par temps ensoleillé, mais la beauté du panorama est ternie par la température maussade

Le centre d’achat est en revanche une place toute désignée pour des activités intérieures. En plus du musée, il y a une bibliothèque, plusieurs magasins et des restaurants. 

20170713_130629Joshua et moi courrons du stationnement le plus près pour nous mettre à l’abri à l’intérieur. Les ballons de différentes couleurs accrochés partout dans le bâtiment et la foule rassemblée autour de la scène centrale laissent présager qu’un spectacle est sur le point de commencer.

Curieux, nous nous dénichons deux places en avant de la scène. Un acrobate portant des salopettes en jeans et une casquette à l’envers fait son entrée. Il n’a pas sa langue dans sa poche. Il aborde les gens du public en faisant des blagues plutôt crues qui font rire la plupart. Il n’en fallait pas plus pour nous remettre de bonne humeur.
20170713_130725Susceptible de nature, je suis assise les fesses serrées. Je n’ai pas du tout envie d’être la victime de moqueries. Heureusement, avant même que mon trac ne transparaisse et l’attire, l’artiste passe à autre chose et procède à une démonstration de tours plus impressionnants les uns que les autres. Joshua est fasciné par son lancé de couteaux.

Après le spectacle, nous faisons le tour du centre d’achat, puis ensuite nous sortons dehors pour voir un festival en cours à côté. Il pleut encore. Les gens sont peu nombreux, mais cela ne nous arrête pas. Au contraire, le son d’un guitariste qui joue harmonieusement sous une tente rend l’atmosphère plus invitante. On dirait à la fois un signe et un cadeau du ciel.

20170713_131850Pendant que la musique caresse nos oreilles, Joshua et moi nous promenons parmi les tentes vides. Sur le quai, je regarde au loin le fleuve, tandis que mon garçon s’amuse en sautant d’une flaque d’eau à l’autre. Pour la première fois de la journée et malgré la pluie, je me trouve choyée d’être là, d’être vivante tout simplement. Le cœur léger, je réalise qu’au find, beau temps comme mauvais temps, tout est une question de perception.

L’ancienne prison de Frédéricton

Imaginez perdre votre liberté. Vivre sans avoir le loisir de pratiquer toutes ces activités qui meublent votre quotidien. Être confiné dans un endroit pour le restant de vos jours condamné à ne manger que du pain et de l’eau.

Centre

C’est le sentiment qui m’habite lors de notre visite à Joshua et moi au Centre des Sciences de Frédéricton, au Nouveau-Brunswick. Notre aventure dans les Maritimes se poursuit et après plusieurs arrêts dans le centre-ville, nous sommes maintenant à  la découverte d’une ancienne prison.

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Dans un vieux bâtiment de granite de la rue Brunswick se trouve le seul centre des sciences de la province, anciennement connu comme le Pénitencier du compté d’York. Pendant ses 154 années d’existence, l’établissement carcéral a accueilli plusieurs prisonniers de renom comme Allan Légère et les frères Hamilton, mais aussi des détenus accusés de crimes mineurs.

 

En  1999, soit trois ans après la fermeture de la prison, le Centre des sciences du Nouveau-Brunswick a ouvert ses portes. Les lits des anciens locataires de l’endroit ont fait place aux machines interactives qui amusent et éduquent aujourd’hui les tout-petits et même les plus grands. Une section de l’espace est consacrée à la science criminologie qui permet de décortiquer les crimes de nos jours.

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La bâtisse a était rénovée, mais plusieurs éléments d’origine sont restés. D’ailleurs quand on se promène à l’intérieur de l’endroit (surtout dans le sous-sol), on a réellement l’impression de marcher à l’intérieur d’un cachot encore en fonction. Les murs de granite et les lourdes portes de métal donnent presque froid dans le dos.

 

Je n’ai pas de difficulté à imaginer des hommes enfermés dans ces cellules. Bien malgré moi, je me fais une image mentale des nombreuses âmes qui ont fini leurs jours ici.

Josh

Mon fils, quant à lui,  est beaucoup trop absorbé par les différents appareils pour comprendre l’ampleur du décor qui l’entoure. Je dois avouer que certains aspects de la place captive. Dans la cour arrière, il y a un énorme jeu d’échec grandeur nature. Joshua qui adore ce jeu me convainc d’en jouer une partie avec lui.

Echec

Au bout d’une heure et demie, il a tellement de plaisir que c’est à contre cœur qu’il accepte de mettre fin à cette visite. Après cette intriguante tournée, il est l’heure de souper et de se reposer pour être bien forme pour la suite. Prochaine destination : Saint-John!

​Grand Sault à vol d’oiseau 

Voler est un rêve vieux comme le monde. Depuis la nuit des temps, l’homme a pensé à mille et une façons d’y arriver. D’ailleurs, qui n’a jamais, même l’espace d’un court moment, voulu s’élever dans le ciel pour voir le monde comme le fait un oiseau. Peut-être est-ce le désir d’être libre, de se sentir léger comme l’air mêlé au rush d’adrénaline. 

Je l’ignore, mais ce que je sais c’est que la vie est remplie de surprises. Au jour deux de notre périple dans l’Est canadien, j’étais loin de m’imaginer que nous réussirions Joshua et moi à ʺvolerʺ dans les airs.

Après avoir quitté Edmunston, nous arrivons à Grand Sault, une ville qui se trouve à l’ouest de Frédéricton, au Nouveau-Brunswick. 

La municipalité compte près de 6 000 habitants et son nom est tiré de ses populaires chutes d’eau qui attire de nombreux visiteurs. 

À l’entrée des chutes, il y a un bureau d’information où sont offerts des tours guidés. Juste à côté, on voit un circuit de tyrolienne qui permet la traversée des chutes à plus de 500 pieds au dessus  du fleuve Saint-Jean. 

Un coup d’œil à la plate-forme suffit pour me donner des frissons. J’ai du mal à m’imaginer faire un tour sur ce manège.  
Joshua et moi rentrons à l’intérieur du Centre touristique pour prendre quelques renseignements. La préposée nous apprend qu’en plus des tours guidées, il y a possibilité de faire la tournée des tyroliennes, mais que pour plus de détails, il fallait se rendre dans la bâtisse voisine où se trouve le centre de tyrolienne Zip Zag. 

Je chasse cette dernière suggestion de ma tête en pensant naïvement que Joshua n’aurait jamais le courage de se suspendre dans le vide et je me concentre plutôt sur les visites autour des chutes.

Mais je reste sans le mot quand mon fils me confie qu’il aimerait faire l’essai du circuit.  Après ce qui m’a paru comme une éternité, je réussis enfin à sortir quelques mots de ma bouche. 

Je lui suggère d’aller prendre des informations au centre voisin, en espérant gagner du temps avant de lui répondre non. 
Les instructeurs du Zip Zag sont vraiment aimables et hyper convaincants, à la limite trop. Ce qui rend mon envie de refuser plus difficile.

Joshua est déjà excité, même si je n’ai pas encore donné mon accord. Il me regarde avec son air de ʺallez Maman, dis oui stp!ʺ.

J’essaie de garder mon allure de mère consciencieuse et surtout mon calme. Mais le mal est déjà fait, et comme dans la reprise d’une bonne séquence au ralenti dans un film, je m’entends prononcer les lettres O-K.

La séance dure environ une heure et consiste à l’enfilement de l’équipement, une session d’information, la traversée des deux lignes avec entre les deux une courte excursion qui mène de la première ligne à la deuxième. Le trajet en soit ne dure cependant que quelques minutes.

Après la préparation, Joshua est fin prêt à décoller…mais pas moi. Je suis nerveuse. J’ai peur pour lui et je m’imagine le pire des scénarios. Et s’il il tombait, et s’il l’un des harnais restait coincé au milieu du fil pendant des heures et si …et si… et si…

Je suis quand même un peu plus rassurée quand je me rends compte qu’un instructeur l’accompagnera du début à la fin,  à côté sur une ligne de jumelage, et en dehors.

Fiou! Aucune catastrophe. La traversée des deux lignes s’est déroulée à merveille. C’est un Joshua souriant et tout excité que je retrouve au point d’arrivée.

Il insiste même pour faire un deuxième tour. Son enthousiasme est si contagieux qu’il me donne envie d’essayer.

Au bout d’un moment d’hésitation, je me lance. Après tout, on n’a qu’une vie à vivre.  Je suis donc le même processus et en quelques minutes, je me retrouve sur la plate-forme avec le cœur qui bat à vive allure, mais je suis prête à décoller.

Là suspendue dans le vide, je me sens libre. La sensation de légèreté comme si je volais est à la fois excitante et rafraîchissante. Je trouve l’expérience moins effrayante que je n’aurai pu l’imaginer. En plus, la vue sur le fleuve et sur les chutes est à couper le souffle. Pas étonnant que l’homme essaie depuis si longtemps d’inventer de nouvelles façons de voler. La sensation est tout simplement enlevante!

Edmunston

Partir vers l’inconnu fait toujours un peu peur. La peur de ne pas savoir ce qui nous attend. 

L’anxiété juste à l’idée de penser que le pire, mais bien souvent aussi le meilleur, pourrait nous arriver. 

Pour ma part, cette angoisse est mélangée à la curiosite et à l’excitation de découvrir de nouveaux endroits.

C’est ainsi qu’une autre aventure débute pour mon fils Joshua et moi. Nous sommes à present à la découverte de l’Est du Canada. 

Nous avons quitté Toronto en voiture pour se rendre dans les Maritimes, en faisant un arrêt de deux jours à Montréal pour visiter de la famille.

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Notre tour commence avec la visite d’Edmunston, une ville d’environ 16 000 habitants. C’est 100 fois moins de personnes qu’à Montréal, notre ville natale. 

C’est donc dire que c’est une petite municipalité. Elle se situe à proximité de la frontière qui sépare le Nouveau-Brunswick du Québec

Après cette dernière, il s’agit de la 2e plus grande ville au Canada où les gens parlent le plus le français.

Edmunston a beau être de petite taille, mais elle possède tout de même un certain charme, surtout dans son centre-ville

Sur l’une des rues principales, on peut voir des cafés et restos qui permettent une expérience plus intime qu’ailleurs.

À la demande de Joshua nous nous arrêtons à la crèmerie de la rue Hill pour un délice glacé.


20170711_104027Notre hôtel se trouve sur la rue Hébert, à quelque pas de l’autoroute transcanadienne

Plus bas, il y a le Parc du Petit-Sault. Un joli pont piéton couleur turquoise chevauche la rivière Madawaska

La rivière longe le parc et en traversant le pont, on arrive tout droit dans le centre-ville. En passant par dessus la structure, on s’amuse Josh et moi à chanter « Sur le pont d’Avignon ».

Joshua est aux anges. On ne pouvait pas demander mieux. La journée est chaude et ensoleillée. 

Notre promenade nous mène dans le centre où nous faisons la visite d’un Marché aux puces. 

Je n’avais pas vu depuis longtemps autant d’objets entassés les uns sur les autres dans un seul endroit. Il y a tout juste de la place pour circuler.

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Cette image me rappelle mon enfance et ces weekends où mon père nous emmenait mes frères, ma soeur et moi dans des magasins d’occasion. 

L’odeur des meubles poussiéreux qui attendent d’avoir une seconde chance ravivent bien des souvenirs. On se croirait dans un labyrinthe.

Joshua a une envie soudaine de jouer à cache-cache. Je suis un peu gênée. Je ne veux pas qu’on se fasse réprimander par la propriétaire de l’endroit, qui n’a pas l’air très commode. 

La dame semble pourtant ne pas trop porter attention à notre présence dans son magasin, encore moins à notre petit jeu.

À proximité se trouve un autre pont, à quelques mètres du premier. À la différence que celui-ci passe au dessus du barrage historique et nous ramène à proximité de notre point de départ. 

Juste à côté de la rivière, on y trouve le Parc des lions, un espace pour enfants avec modules.

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Je propose à Josh de s’y arrêter, mais il n’a pas envie, probablement à cause de notre petite chicane plus tôt. Sa mauvaise humeur ne dure heureusement pas. 

La voluptueuse poitrine dansante d’une employée de la ville qui bouge à mesure qu’elle se promène sur son tracteur fait  rire Josh. De le voir ainsi me met le sourire aux lèvres.

Peu importe l’endroit où l’on est à Edmunston, tout semble proche. Plus tard, c’est au Fortin du Petit-Sault, près du parc, que nous prenons quelques leçons d’histoire. 

Ce fort a été érigé en 1841 et occupait un point stratégique pour protéger le territoire durant la guerre des frontières. 

La foudre frappe le fort et des flammes réduisent en cendres le bâtiment quelques années après sa construction. Il a été reconstruit en 2000 et sert aujourd’hui de lieu d’interprétation.

Josh est peu intéressé par ces leçons. Je le comprends, car moi aussi à son âge, je trouvais sans intérêt ces récits sur des événements du passé

Je crois cependant qu’avec le temps et la maturité, on devient plus curieux sur ces questions. 

Peut-être est-ce la crise existentielle, la quête d’identité ou la recherche sur notre raison d’être qui nous pousse avec le temps à vouloir en savoir plus et à comprendre l’histoire de notre société.