Vancouver

 

Dès notre arrivée en Colombie-Britannique, j’ai l’impression d’être sur une autre planète. C’est fascinant! Sur la route, on est si haut en altitude, qu’on passe carrément au travers de nuages. Ça ressemble a du brouillard et on ne réalise pas tout de suite qu’il s’agit de nuages.

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Je ressens un  amalgame d’émotions : du soulagement, de la curiosité, de la nervosité, de la fatigue, du contentement. Je suis contente d’être presque rendue à destination… plus d’une semaine après avoir quitté Toronto. Même si je suis fière de m’être rendue jusqu’ici, il m’arrive encore de douter. Je crois par moment que je n’atteindrai pas Vancouver, qui est pourtant plus près de nous que jamais. Je reprends cependant vite le dessus sur ces pensées négatives et je poursuis notre chemin.

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Le paysage est majestueux.  Je crois me retrouver au paradis. Ici, les gens me semblent plus sympathiques qu’ailleurs. Illusion ou réalité? Quoiqu’il en soit, nous nous arrêtons dans une station de service dans une petite municipalité du nom de Hope (ce qui signifie espoir en français) et cela ajoute à mon mirage.

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Plus d’une heure plus tard, nous arrivons dans la ville de Vancouver.  Cette cité me fait penser à Calgary, à cause de sa modernité, mais aussi à Toronto en raison de son paysage urbain et de son multiculturalisme. Une bonne partie de la population est composée d’asiatiques. Dans quelques quartiers, les panneaux sont affichés principalement en langue étrangère.

 

On s’arrête dans une bibliothèque du quartier de Burnaby, dans le nord ouest de la ville pour faire quelques recherches sur le net et dénicher un endroit où dormir.  Le temps passe et je ne trouve aucun endroit abordable pour la nuit.  La fatigue et le découragement ont presque raisons de moi. J’ai envie de pleurer et tout laisser tomber pour repartir à la maison, mais je me résonne en me disant que je n’ai pas fait toute cette route pour rien.

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Comme nous mourrons de faim, j’interromps mes recherches  pour aller chercher de quoi manger.  La providence nous mène dans une pizzeria à quelques pas de la bibliothèque. Leurs pizzas sont un vrai délice. En parlant avec le serveur, un homme sympathique qui semble bien connaître le coin, je lui raconte que nous venons de l’extérieur et que nous voulons un endroit où dormir. Il me donne alors l’adresse d’un motel à proximité.

 

C’est ainsi qu’après une bonne nuit de repos, notre 8e jour a débuté avec la visite d’un magasin d’occasion situé à proximité du motel. Ensuite, nous nous sommes dirigés vers le centre-ville en faisant un arrêt dans un parc qui nous donnait une vue superbe sur la ville. Le tout s’est poursuivi avec la visite de la Cathédrale de Christ. Malgré mon manque d’engouement face à la religion en général, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une certaine révérence et un profond respect dans ce décor enchanteur. La Cathédrale est relativement petite, mais possède un charme mystérieux.

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En se promenant  dans les rues du Centre-ville,  on est tombé sur une exposition d’arts juste avant de se rendre à la Place du Canada. La PC offre une vue magnifique sur l’océan Pacifique. Plusieurs bateaux amerrissent à cet endroit et il est possible d’en visiter quelques-uns. En plus, l’été des festivals ont lieu dans le secteur. C’est donc dire que ce ne sont pas les activités qui manquent à Vancouver. Les touristes sont d’ailleurs nombreux sur place. On a parfois peine à pouvoir circuler rapidement tellement il y a du monde.

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Du côté du village Granville, à proximité du Centre, on aperçoit le complexe d’appartements où plusieurs athlètes ont résidé durant les jeux olympiques de 2010. Ce quartier est moderne, jeune et branché.  Les gens sur les terrasses des restos-bars et cafés font vibrer  la place. Et que dire de la  vue sur l’océan et le Centre des sciences.

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J’ai été séduite par cette ville à un tel point que je songe sérieusement à y rester. Par pour quelques jours ou semaines de plus, mais pour y habiter. Je contemple les possibilités. Je parle de mes intentions à Joshua qui semble lui aussi apprécier l’expérience de notre passage ici, mais il avoue que notre logement à Toronto (et ses jouets) lui manquent terriblement, ce qui freine son enthousiasme. Notre périple tire à sa fin et je suis confuse. So now what? Quoi faire? Partir ou rester.

Calgary

La ville de Calgary, en Alberta est une métropole moderne. Son économie est entre autre basée sur la haute technologie ce qui ne surprend pas. En arrivant dans cette cité, on a l’impression d’être dans une version des années 2 000 du film Retour vers le futur avec Michael J. Fox. Plusieurs édifices et transports en commun ont un style contemporain.  Par contre, les quartiers résidentiels avec leurs maisons et leurs parcs sont plus terre à terre et me rappellent ma ville natale, Montréal.

Panneau Calgary

C’est le soir et la vue sur la ville est impressionnante. Comme Calgary a été construite sur des collines, on peut à plusieurs endroits avoir une vue superbe sur certaines portions de la métropole. Par exemple, à une trentaine de minutes du centre-ville, j’ai pu observer le stade McMahon où jouent l’équipe de football les Stampeders. L’immense établissement à aire ouverte brille de milles feux et on peut facilement l’apercevoir à des kilomètres.

Nous trouvons, mon fils de huit ans et moi, un endroit où nous installer pour la nuit. Au matin, le gris du ciel contraste avec les feuilles des arbres. C’est officiellement l’automne et ça se ressent avec le maigre 8 degrés qu’il fait à l’extérieur. La température semble plus fraîche qu’ailleurs, mais l’air semble moins sec qu’en Saskatchewan ou au Manitoba.

Joshua s’est réveillé un peu grognon avec une surprenante envie d’aller à la piscine. Après quelques recherches sur mon portable, nous nous rendons au centre sportif le plus près et Joshua retrouve vite son sourire. Je dois dire que la baignade me fait à moi aussi le plus grand bien.

À la fin de notre visite au centre, je bavarde avec une employée de la place, Maggie, une jeune asiatique très joviale. Je me sens très vite en confiance, je lui raconte la raison de ma visite à Calgary. Elle semble impressionnée par le fait que je voyage seule avec mon fils et que j’ai parcouru tant de chemin à partir de Toronto pour réaliser mon rêve de voir l’Ouest canadien. Son admiration pour mon accomplissement me donne plus confiance en moi. Elle me propose différents endroits à visiter dans la ville et me confie également son désir de partir voir l’Est. Je l’encourage et nous échangeons nos numéros après de longues minutes de conversation.

Notre arrêt à Calgary est bref et ma conversation avec Maggie me donne envie de rester plus longuement pour découvrir ses nombreux attraits, mais je me ravise. La longue route est éreintante et je ne veux pas perdre  mon soudain regain d’énergie. Je décide donc de poursuivre le voyage jusqu’à la prochaine destination. Même si l’écart entre les grandes villes des provinces de l’Ouest est moins grand, comparativement à la traversée de l’Ontario (qui nous a pris plus de 20 heures), il nous reste encore plusieurs kilomètres à parcourir avant d’arriver à Vancouver.

Sur la route 2

Reselvoke

La distance entre la ville de Calgary (en Alberta) et celle de Vancouver (en Colombie-Britannique) me paraît interminable après près d’une semaine sur la route.  Au total, 10 heures et une trentaine de minutes font le pont entre ces deux grandes villes.

Au bout de cinq heures de route, je sens la fatigue gagnée. J’ai peine à garder les yeux ouverts. Je veux éviter de conduire la nuit, mais surtout de faire un bête accident, je cherche donc une occasion de m’arrêter  dans un endroit sûre à l’écart. Une occasion qui au milieu de nulle part ne semble jamais arriver.

La nuit

J’aperçois après quelques kilomètres un panneau qui indique Revelstoke. Au cœur des montagnes, cet endroit m’apparait comme une oasis dans un vaste désert. Et cet arrêt, au cœur de nulle-part, est plus que bienvenu sur notre long chemin.

Une autre rue

Aux premiers abords, le secteur n’a l’air de rien, deux stations services, un McDo et un Tim en bordure de la route, sans plus. Après tout, cette ville, qui se trouve presque à mi-chemin entre Calgary et Vancouver, compte à peine 7230 âmes, soit bien en deçà de population de la plupart des quartiers  de Toronto.

Centre-ville

En allant plus loin, je découvre pourtant que cette petite cité abrite un hôpital, une chambre de commerce, des restos, des hôtels et même un musée. Notre bref tour de la ville nous conduit dans une buanderie. L’endroit idéal pour faire une pause. Joshua et moi rentrons à l’intérieur. Pendant qu’une brassée de vêtements sales fait peau neuve,  mon fils se concentre sur ses devoirs d’école que nous avons réussi à imprimer plus tôt à partir d’un bureau de touriste.

J’inspecte les lieux du regard et à part Josh et moi, il n’y a que deux jeunes hommes présents. Le premier a un physique élancé,  un look d’artiste avec son chapeau sur la tête et parle l’anglais avec un accent français. Alors que l’autre est mince, noir avec un style plutôt relax. De par leur convo, je comprends qu’il ne s’agit pas de touristes, mais que ce sont des gens du coin.

J’entame une conversation avec eux et leur demande s’il y a des choses intéressantes à faire dans le secteur. Ils me confient qu’à part les bars et le ski, que les activités dites familiales sont plutôt rares. Je suis curieuse et  les questionne par rapport à leur origine. L’un m’explique qu’il vient de la France et a emménagé tout récemment, tandis que l’autre est originaire de l’Afrique et habite la région depuis deux ans.

Selon eux, malgré le manque de loisirs, Revelstoke est une ville cool. IIs me racontent la vie en  montagnes avec les hivers doux et la saison de ski qui attirent selon eux près du double de la population. Ils sont relax et je trouve leur compagnie rafraîchissante. Au bout de quelques instants cependant, ils repartent avec pour plan de passer la soirée au bar du coin en abandonnant temporairement leurs brassées de vêtements.

Josh et moi décidons alors d’aller nous promener dans les environs. On s’arrête au dépanneur pour acheter de la pizza et des chips au grand bonheur de Joshua. La plupart des gens que l’on croise semblent sociables et chaleureux comme ce gars du dépanneur qui nous confie des anecdotes où il se serait fait surprendre dans le secteur plus d’une fois par la présence d’ours. J’ignore s’il fabule ou s’il dit vrai, mais je suis amusée par ses propos.

Nous retournons à la fin de la soirée à notre tâche ménagère qui me rappelle ma routine à la maison. Je trouve un certain réconfort à rassembler et à plier les vêtements chauds fraîchement sortis de la machine. La soirée a passé rapidement et il est déjà l’heure du dodo.  Après notre routine habituelle, petite toilette et brossage de dents, à même le dépanneur du coin, nous retrouvons notre «maison mobile», notre fidèle Toyota. C’est ainsi qu’en cette 6ième journée, nous disons  au revoir à cette palpitante journée et bonsoir à Morphée.

l’Alberta

Il est 14 heures et des poussières lorsque nous disons au revoir à la Saskatchewan et bonjour à l’Alberta. L’air ici est moins sec qu’en Saskatchewan ou au Manitoba et la légère sensation d’humidité est la bienvenue car elle soulage nos narines habituées à l’air de l’est du pays. La température est un peu fraîche, mais les rayons du soleil nous réchauffent, alors je décide de profiter du beau temps pour faire un arrêt près de la route.

Panneau Alberta

Le chemin est long et malgré la présence de mon fils de huit ans, je me sens souvent seule au monde à bord de notre fidèle Toyota. Mes pensées se perdent à l’occasion dans le paysage. Je songe à la route qui nous attend, je me demande de quoi aura l’air la prochaine ville. J’avoue avoir peur. Peur de ne pas arriver à Vancouver. Peur de ne pas être capable de retourner à Toronto après tous les kilomètres parcourus. Dans ces moments, je reprends le dessus sur mes idées négatives et me dit qu’il s’agit d’un grand rêve et que si je me suis rendue jusqu’ici, alors tout ira bien.

Sur la route 2

Joshua lui s’adapte plutôt bien au voyagement, à ma grande surprise. Contrairement à ses habitudes, il ne se plaint qu’à de rares occasions. Il dort bien, mange raisonnablement. Mais je crois qu’il apprécie par dessus tout le temps passé avec maman. Nous avons quitté la maison il y a maintenant près d’une semaine. Avec le train-train quotidien, il est rare que l’on passe autant de temps ensemble sur une période continue.

Sur la route

Au bout d’un moment, je trouve près d’une station d’essence un beau parc pour enfants. Je sors nos provisions de nourritures, et nous prépare des sandwiches au beurre d’arachide avec des fruits. Pendant ce temps, Joshua s’amuse dans les différents modules. On voit d’autres enfants jouer dans le parc, mais il ne semble pas intéressé à se joindre à eux, malgré mon insistance. Après avoir mangé, on quitte l’endroit pour aller de l’autre côté de la rue où se trouve un petit musée.

Dino devant le musée

Sur le terrain avant, on a pu apercevoir de loin un énorme dinosaure. Mais l’établissement est si modeste que la visite est déjà complétée au bout de seulement quelques minutes. Joshua n’est pourtant pas à plaindre. Juste un tour dans le département des armes à feux aura suffit pour faire son bonheur.

 

On poursuit ensuite notre chemin pour enfin arriver dans le cœur de l’Alberta, à Calgary…

Panneau Calgary

Lola & Nico

En partant, nous avons dit au revoir à nos hôtes Jessie, Gary et à leur chien Zack…mais aussi à Régina. Je n’en reviens pas de toute la route parcourue jusqu’ici. Nous sommes à mi-chemin déjà dans ce voyage.

Je ne peux m’empêcher de penser que si je n’avais pas répondu à ce cri du cœur qui m’a poussé à partir vers l’inconnu, je serai probablement encore dans le confort de ma routine quotidienne à Toronto. Malgré ma peine à cause du départ de la Saskatchewan, je suis sereine, car je sais que d’autres aventures et rencontres nous attendent.

Après quelques heures de route, juste avant d’arriver en Alberta, je m’arrête pour prendre une pause dans une aire de repos loin de tout.

J’aperçois d’abord une jeune femme dans la fin vingtaine aux longs cheveux bruns. Elle passe rapidement à côté de moi et si ce n’est du fait que l’endroit est presque désert, je me rends à  peine compte de sa présence. En sortant du bâtiment, je remarque qu’elle n’est pas seule. Elle rejoint un grand brun aux cheveux bouclés et à l’allure sympathique.

Lola et Nico

La fourgonnette bleue pâle et blanche dans laquelle ils s’assoient attire mon attention. Il y a dessiné d’un côté le continent américain, les quatre points cardinaux en plus d’une expression en espagnol « Kombi Pa’l Norte ».

Dora

Je suis intriguée. D’où viennent-ils? Où vont-ils? Qu’est-ce Kombi Pa’l Norte veut dire? J’ai envie d’aller leur parler, mais ils sont à l’intérieur du véhicule et je ne veux pas déranger. D’autant plus que je dois reprendre la route. Il nous reste beaucoup de chemin à faire avant d’arriver à Calgary. J’ai pourtant le sentiment que si je repars sans les avoir abordé, je le regretterais. Je suis dans l’auto avec Josh et j’hésite pendant un long moment.

Un couple de voyageurs  plus âgés s’approche alors d’eux et leur adresse la parole. Je vois ça comme un signe et je me dirige à mon tour vers leur véhicule. Josh me suit derrière. La porte de leur camionnette est ouverte. Le jeune homme et la femme répondent aux questions des curieux. J’écoute attentivement leur conversation tout en observant l’intérieur du véhicule qui comporte un lit-banquette, un comptoir, une cuisinette et plusieurs photos d’eux prises à différents endroits tapissent la portière ouverte de l’automobile.

l'intérieur de la van

J’apprends qu’ils sont partis en août 2014 de l’Argentine pour se rendre en Alaska en camionnette. Kombi Pa’l Norte signifie le bus vers le nord.

Sur l'autoroute de l'Alaska

Lui s’appelle Nico et elle Lola. Ils racontent avoir atteint leur objectif deux ans (et plus de 70 000 km) plus tard et depuis ils traversent le Canada de l’ouest vers l’est pour regagner tranquillement l’Amérique du sud. Quelle histoire! Je suis fascinée. Lorsque le couple âgé repart, je ne peux m’empêcher de rester sur place et ce malgré l’empressement de Josh qui souhaite reprendre son chemin. J’ai une tonne de questions : Pourquoi? Comment? Avec quoi?

Alaska

En voyant mon immense curiosité, Nico prend un petit tabouret qu’il déplie. Il m’invite gentiment à m’asseoir avec eux. Les deux répondent patiemment  mais surtout passionnément à toutes mes interrogations. Ils me racontent leur histoire. Tous deux dans leur fin vingtaine, lui un chef cuisinier de métier et elle une journaliste ont choisi de quitter leur emploi respectif afin de découvrir de nouveaux horizons et vivre sans contrainte.

 

Ils me racontent les quelques bas et les beaux hauts de leur périple.  Pour arriver à leur fin, ils vendent des cartes postales et des produits qu’ils fabriquent eux-mêmes. Ils ont même un site internet via lequel  ils vendent leurs produits et rapportent leur récit.

Interieur van

Je n’ai jamais rencontré de gens pareils. J’envie le courage qu’ils ont eu d’avoir fait de leur rêve une réalité. Après de longues minutes de conversation, je finis par les quitter en les souhaitant bonne chance dans la suite de leur aventure. En quittant, j’ai l’impression d’avoir dit au revoir à de vieux copains, tout en sachant au fond de moi que cette rencontre marquera à jamais mon voyage et le reste de mon existence.

Au revoir

Pour en apprendre plus sur les aventures de Lola & Nico, rendez vous au www.kombipalnorte.com

Régina

La ville de Régina, en Saskatchewan, me rappelle Ottawa à plusieurs égards à cause de son architecture et de ses espaces verts.  Je suis impressionnée par l’allure des édifices, tout particulièrement par celui de l’Assemblée législative. J’apprends que c’est à cet endroit que sont prises plusieurs décisions politiques de la région.

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Cette bâtisse se trouve d’ailleurs sur le terrain du Centre Wascana, un immense parc de 9,3 km. Certains le comparent au Central Park à New York. Il paraît que c’est  l’un des sites les plus fréquentés de la province. On peut pratiquer sur place de la course à pied, du kayak et du patin à glace dans un décor sublime. On trouve aussi sur place une université, un magnifique jardin de fleurs et un grand lac. L’endroit est superbe surtout durant cette période de l’année où les couleurs des arbres nous font apprécier l’automne.

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Nous arrivons en début d’après-midi dans un bed and breakfast que j’ai trouvé sur internet. Tout est jaune! Les murs de la maison sont jaunes. La voiture des propriétaires l’est. Même les feuilles des arbres sur la rue sont de la même couleur. En cette journée particulièrement ensoleillée, j’ai l’impression que tout a été divinement orchestré.

En nous présentant à la porte, Jessie, une charmante dame âgée vient nous ouvrir. Elle est petite et paraît plutôt réservée, mais est très aimable. Jessie habite avec son chien Zach et son mari  Gary. Ce dernier passe la majeure partie de son temps devant la télé au sous-sol. Nous le croisons  à peine durant notre séjour, sauf quand vient le temps de payer pour notre court séjour. Il a malgré tout l’air sympa.

C’est accompagnée de Zach que la dame nous conduit à notre chambre après nous avoir fait faire le tour. Il y a trois pièces à l’étage supérieur : celle des maîtres et deux autres pour les visiteurs. La chambre où nous nous installons est décorée modestement  et compte un lit, une table de chevet et un mini réfrigérateur. C’est tout juste ce qu’il nous faut. Ça fait du bien de se sentir un peu comme chez soi.

Après avoir monté notre valise et prit une bonne douche (qui je dois dire, après trois jours de camping, me procure une extraordinaire sensation de bien-être), je me sens revitalisée. Je suis prête à partir à la découverte de Régina. Premier arrêt,  la pizzéria. Josh est heureux!

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On poursuit ensuite notre visite autour du grand lac. Mon fils prend plaisir à lancer des cailloux dans le lac. Avant même que l’on s’en rend compte, la nuit est déjà tombée. La journée a passé vite. Nous sommes fatigués et rentrons nous couchés. On est ici depuis peu, mais je dois avouer être conquise et je pense pouvoir dire que j’aime Régina. Je crois qu’il s’agit jusqu’ici  de ma portion préférée du périple.

Couchée dans mon lit, je repasse dans ma tête des images du voyage. Ça fait déjà près d’une semaine que nous avons quitté Toronto après que j’aie ressentie l’urgence de partir. Il ya si longtemps que je rêve de ce road-trip et maintenant que je suis entrain de le vivre, j’ai peine à y croire. Je suis contente d’avoir accompli tout ce chemin.

Manitoba à la Saskatchewan

«Hier est de l’histoire, demain est un mystère, aujourd’hui est un cadeau»                   Eleanor Roosevelt

Après une nuit magique à dormir à la belle étoile, je me lève ce matin en pleine forme prête à vivre de nouvelles aventures. Il est 7 :30, il fait beau malgré une température un peu fraîche. Après un arrêt chez Tim pour mon café matinal, nous sommes en route vers la Saskatchewan.

Quoi de mieux que de la musique country pour se mettre d’aplomb. J’entends à la radio la chanson «No shoes, no shirt, no problem». Une mélodie qui me met  tout de suite le sourire aux lèvres, mais plus j’y pense, plus je trouve  que ces paroles sont pleines de bon sens. Il me semble que moins on a de matériel, moins de problème on a.

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Près de trois heures plus tard, on dit au revoir au Manitoba et bonjour à la Saskatchewan. Le paysage est rural. L’air est plutôt sec. On m’avait d’ailleurs déjà parlé de cet absence d’humidité dans les prairies, mais de le ressentir est une drôle de sensation.

Vaches

On s’arrête en chemin pour admirer les vaches qui semblent se demander ce que l’on fait là. Comme on se trouve sur la route secondaire, il y a peu de circulation pour ne pas dire aucune. Il n’est pas rare de rouler pendant des kilomètres et de ne voir aucune autre voiture sur notre passage.

Un peu comme dans le film Cast Away dans le lequel jouait l’acteur Tom Hanks, j’ai l’impression que l’on est seul au monde. C’est une sensation étrange qui se transforme bientôt en inquiétude quand je m’aperçois que l’aiguille du cadran de l’essence pointe sur le E.

Nous venons de parcourir une dizaine de kilomètres sans l’ombre d’une station d’essence à l’horizon. Je panique, mais tente de garder mon calme pour ne pas ruiner l’atmosphère conviviale de l’instant d’avant. À présent, près d’une trentaine de minutes se sont écoulées et la lumière de la petite pompe à essence du cadran est allumée.

C’est à ce moment que j’aperçois sur le bord du chemin une station-service et un petit resto. Aye! J’ai eu chaud! On s’arrête, je fais le plein et on en profite pour prendre une bouchée.

Arrive en Sask

Peu de temps après, on arrive à Régina. Je dois l’avouer, j’ai toujours eu une idée préconçue de ce que la Saskatchewan pouvait avoir l’air. Je suis donc surprise en arrivant dans la ville. Il y a de la vie… des édifices, des magasins, des restaurants et tout plein de monde. Je n’en reviens pas.

Au revoir l’Ontario, bonjour au Manitoba!

Je n’en crois pas mes yeux. Il est midi 36. Au jour 3 de notre expédition, nous disons au revoir à l’Ontario et bonjour au Manitoba. Le paysage de la province voisine est beaucoup plus plat comparativement aux montagnes de l’est. Il fait très venteux à notre arrivée, mais au moins le soleil est de la partie.

Drapeaux Monnaie royale canadienne

Dès notre entrée à Winnipeg, je me laisse guider par mon instinct qui me conduit vers le centre de la Monnaie royale canadienne. Ce sont les nombreux drapeaux qui flottent au vent sur le terrain avant qui attirent mon attention. On les distingue de la route à cause de la façade en vitre dorée de l’édifice. C’est à cet endroit que sont produites les pièces de monnaie qui circulent à travers le pays.

Monnaie royale canadienne

Josh est immédiatement attiré vers le petit étang sur le terrain. Il scrute les environs à la recherche de cailloux pour les lancer à l’eau. Après cet arrêt, on continue notre virée et on se dirige vers le centre-ville. C’est toujours intriguant d’arriver dans un nouvel endroit et de voir de quoi les gens et les environs ont l’air.

Banc a Winnipeg

À première vue, Winnipeg me rappelle le quartier Verdun à Montréal. Peut-être est-ce à cause de l’allure de certains buildings un peu vieillot, de la présence des quelques bars que je remarque sur le chemin, des bancs publics sur le bord des rues et des gens en apparence relax que je rencontre.

Par la suite, on fait un tour du côté de La Fourche (The Fork). C’est le cœur historique de la ville. On y trouve entre autre un marché public, des restos et des boutiques. On s’arrête au Parc des aventuriers du patrimoine Variety. La température est magnifique, plusieurs enfants s’y amusent. Josh ne fait pas exception. Il grimpe dans les différents manèges qui portent la thématique historique de la ville. Certains sont fait en forme de gros bois, alors que d’autres représentent les canots utilisés avant pour la traite de fourrures des explorateurs.

Pendant que Josh est bien occupé, je fais quelques recherches à partir de mon téléphone pour trouver l’endroit idéal (beau, bon, pas cher) où nous pourrions passer la nuit. Après trois jours sur la route, l’idée de dormir à nouveau dans un lit m’attire beaucoup.

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Je trouve une auberge de jeunesse au centre-ville, à quelques pas de nous. J’appelle, mais n’obtient aucune réponse. On se rend sur place. Une note collée sur la porte indique que l’établissement est fermé sans plus d’explication. Je retourne à la voiture où je reprends mes recherches, me rends à un autre endroit, puis un autre, puis encore un autre, sans succès.

Ils sont soit trop chers, insalubres ou n’ont aucune place pour la nuit. J’essaie une ultime tentative du côté de l’université qui offre parfois des chambres à prix abordables. Pas de chance, toutes leurs chambres sont prises.

La nuit commence à tomber. Je retourne à l’auto exténuée et découragée. Josh lui garde le moral. Il me surprend. C’est d’ailleurs lui qui m’encourage en me disant en des mots que peu importe les défis, il faut toujours essayer de voir le bon côté des choses. Ce sont des termes que je lui répète souvent, mais je reste ébahie lorsque c’est lui qui me les dit.

C’est donc une autre nuit de camping qui nous attend. Après avoir trouvé un terrain  calme à l’extérieur de la ville. On se prépare pour une soirée à dormir à la belle étoile. À ce moment, je n’ai qu’une idée en tête : dormir. Tout à coup, le ciel s’illumine! Des lumières dans le ciel virent tantôt aux mauves tantôt au vert sur un fond nocturne. C’est une aurore boréale!

Plus jeune à l’école, j’avais beaucoup entendu parler de ce phénomène, mais c’était la première fois de ma vie que j’assistais à un tel spectacle. Et quel spectacle! C’est une image que je n’oublierai jamais. Josh est impressionné aussi. De le voir si heureux me touche.

Cette expérience m’a alors rappelé que rien n’arrive jamais pour rien. Que souvent lorsque l’on ouvre ses horizons, la vie nous réserve de belles surprises et que ce que l’on peut percevoir comme une situation malheureuse peut alors se transformer en quelque chose de magique.