Les rebelles

On s’est, pour la plupart, déjà retrouvées dans une position plus ou moins semblable. Il nous arrive sournoisement sous la forme d’un haussement de sourcil, d’un silence qui veut dire mille mots ou d’un regard réprobateur.

Ou plus agressivement, cet indésirable invité se présente comme une claque en plein visage déguisée en commentaires tels que : «T’es une femme, tu ne peux pas faire ça! Tu te prends pour qui? Si tu voulais voyager (ou réaliser tel ou tel projet), t’avais juste à pas avoir d’enfant!».

Les sorcières

Photo: Aman Ravi

Dans notre ère moderne, un trop grand nombre s’attende encore à ce qu’une femme aille à l’école, travaille, se marie, achète une maison, fonde une famille et exprime le moins souvent possible ses opinions (surtout si ces derniers divergent du reste de la masse). Cet arrangement semble faire l’affaire de tous. Ça plait à la famille, aux amis, aux voisins et à la société en général.

Mais pas toujours à la principale intéressée.

Qu’advient-t-il alors de celle qui ose révéler son mécontentement? Qu’arrive-t-il de la femme qui sort des sentiers battus? Que fait-on de la visionnaire qui veut et choisit une voie différente?

Les sorcières

Photo: Yoann Boyer

Plusieurs de ces visionnaires sont considérées comme des intruses, ou au mieux des frustrées, parce qu’elles ne correspondent pas au descriptif de la case a), b) ni même la c) l’ensemble de toutes ces réponses.

On les juge, on les critique et les pointe du doigt de la même façon que le faisait les villageois durant le temps de la Renaissance avec les rebelles et les marginalisées.

Heureusement, ce temps où on brûlait vives les «sorcières» est révolu. Du moins, pour les plus bénies d’entre nous qui ont vu le jour du bon côté de la planète. C’est pourquoi je suis reconnaissante d’être née dans les circonstances, le pays et à l’époque où je vis.

Les sorcières

Photo: Miranda Wipperfurth

Les remarques sur ma façon de vivre ne m’affectent plus autant, car je sais qu’elles ne sont rien à côté de la violence, de l’oppression et de tout ce que doivent subir certaines citoyennes du monde pour que leur voix soit entendue.

Alors que votre rêve le plus cher soit de devenir mère de famille ou non, que vous choisissez de bâtir une carrière ou que vous désirez faire les choses autrement, n’oubliez pas qu’il s’agit là de votre vie. Parce que l’important est comme l’a si bien dit l’écrivaine américaine, Elizabeth Gilbert:

«Faites tout ce qui vous amène à la vie. Suivez vos propres fascinations, obsessions et compulsions. Faites leur confiance. Créer tout ce qui provoque une révolution dans votre cœur».

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Breathless Hamilton

Art exists well beyond the borders of the big cities such as Toronto or Montreal. When we stop to seize it, it reveals itself to us under various facets and can sometimes make us shudder or leave us breathless.

In the streets of Hamilton, you can see this art in the form of colorful graffiti that embellish the old brick buildings downtown. You can also find these works in the style of the different people who live there.

At the corner of King Street West and James North, there is this beautiful black lady in her late thirties, impatiently waiting for the bus, wearing a long black leather coat, a khaki green skirt and delicate dark stockings.

She has dreadlocks hair mounted like a tower on the top of her head with elegant blue electric shoes and high heels. She looks just like a doll that you would carefully keep out of reach on a high shelf.

And  teenager with a  hip-hop outfit, round smoked glasses, gray-and-gold striped backpack, holding his cigarette with style and proudly showing off his black cap with the letters H-A-M-I-L-T-O-N clearly written in white.

The old woman with ruby red lipstick, wearing a flamboyant coat of beige fur with leopard boots, seems to have gained a well-deserved place in this heterogeneous group. Each of these individuals represents in their unique way the diversity and art of this cosmopolitan city.

After lunch, it’s in the midst of this crowd, where I feel at ease, that we walk, Bae, Josh and I to the Hamilton Art Gallery, which is a short walk from the restaurant.

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« Is it here?”, asks my son, pointing to the huge, partially yellow building that seems to contrast with the rest of the concrete landscape. The modern establishment is divided into several sections spread over two floors reserved for exhibitions.

Our visit begins with the big hall. Apart from the whispers of a couple hugging each other commenting on one of pictures from the dark grey wall, one hears only the rubber of the shoes kissing the ground under the few visitors.

In this section of the property, lighting is dimmed. Looks like the bulbs at the top of the ceiling have been strategically placed so that they only focus on the works of photographer Edward Burtynsky.

Burtynsky’s impressive large-format photographs, took over the last 30 years, show us aerial views of oil fields in Nigeria, salt pans in India, Carrara marble quarries and nickel scrap in Sudbury. His images draw attention to environmental issues and testify to the reality of current problems.

We then cross to the second floor to discover the collection of works made by local artists. The space is vast. The atmosphere is calm and serene, ideal for meditation or simply to get lost in your own thoughts. It’s also where Josh and I find the coolest and most fascinating exhibition: the Bruegel-Bosch bus.

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Kim Adams’ work is a 1960 red-orange Volkswagen minibus which seems to explode from all its orifices with miniature buildings, a rail network, a train, and several hundred cartoon character figures.

Through his work, the artist takes us into a fantastic universe that he created over the course of seven years. The scene is hallucinating and makes me think of an explosion that would have occurred if you’d place a dynamite in a metal toy box with lot of figures.

Adams has left no room for imagination. Every single surface of the automobile is covered with some kind of characters who seem to secretly interact between them when the gallery shuts down at night.

Josh looks at the masterpiece in awe. « Wow » he does not stop repeating at every sight. Bae is also captivated by the work. He examines it, takes pictures from several angles and seems intrigued by it all. I ,on the other hand, meditate.

I’m intrigued. I cannot find the right words to describe the piece. All I can think of his «How in the hell someone could come up with such an extravagant idea? » I try to understand the process of this creation, of this art, but all it seizes to do is to leave me breathless.

 

Une faim de loup à Hamilton

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«J’ai faim en criss» marmonne Bae dans la voiture. Il n’est pas content du tout. L’idée de faire ce voyage ne l’enchante pas. Après une longue semaine de travail, tout ce dont il a envie c’est de rester à la maison à relaxer.

Dans mon insouciance, je n’ai pas réalisé à quel point cette escapade pouvait représenter un sacrifice pour lui. À présent je me sens coupable. Est-ce que je devrai tout annuler et plutôt passer le weekend en mode cocooning? «Nah!», je pense égoïstement. Il est trop tard de toute façon, nous sommes déjà en direction d’Hamilton.

Dans cette ville située à une heure de Toronto, il ne reste aucune trace de l’hiver si ce n’est du thermomètre qui affiche un mince -5 degrés. Mais le vent rafle tout sur son passage et nous laisse ressentir un -10 degrés. Comme il est encore tôt, je suggère de visiter d’abord les Jardins botaniques royaux pour voir l’exposition de grenouilles. Mon fils Josh exprime un vague «okay». Après une légère négociation, Bae accepte. Il a faim et ne désire qu’une chose, c’est de manger.

Je lui tends une orange préalablement coupée en morceaux pour calmer sa fringale. Il la prend avec dédain, comme si je venais de lui offrir les intestins d’un hippopotame crus. Son geste me ramène quelques années en arrière, alors qu’en offrant une pomme à mon perspicace ami Jean qui se plaignait d’avoir une faim de loup, celui-ci m’avait répondu : «Offrir un fruit à un homme qui a faim, c’est comme lancer un verre d’eau à une personne en feu, ça ne change rien.»

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Il fait si chaud à l’intérieur des Jardins botaniques royaux qu’on transpire même après avoir retiré nos manteaux, ce qui fait contraste avec le vent froid qui souffle à l’extérieur. Je n’ai jamais vu autant de grenouilles à la fois : des bleues, des orange doré, des vert pâle métallique, des rouges avec des petits points noirs comme des fraises. Bae observe avec autant d’attention que Josh les amphibiens. Serait-ce là un soudain signe d’intérêt pour ce voyage?

On se dirige par la suite dans une autre section du bâtiment. «Heading to the garden?», nous dit au passage un employé, un vieil homme aux cheveux blancs qui semble avoir un âge avancé. «You’ll see it’s much more cooler there », nous indique le vieil homme. Josh s’amuse à courir le long des chemins. Il monte, descend les deux niveaux et joue à cache-cache dans les arbustes. J’hume l’odeur environnant. J’adore le parfum des roses naturelles, l’arôme délicat des lilas et la fraîcheur des plantes.

«J’ai faim en criss», me signale à nouveau Chéri sur un ton impatient. Ah oui! J’oubliais. Il est déjà près de midi et mes deux hommes sont affamés. Prochain arrêt : Hambrgr. De l’extérieur de la bâtisse à deux étages en briques de la rue King William, le resto semble petit. Une fois à l’intérieur, je constate qu’il n’est pas petit, mais carrément miniature. L’espace compte tout au plus 10 tables.

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C’est samedi midi et le resto est plein à craquer. Une petite serveuse blonde vêtue de noire avec des lunettes que je devine être hors de prix nous accueille. «Can you please close the door?», dit-elle sur un ton poli qui cache mal son agacement. Des airs de musique électronique jouent en arrière-plan et l’odeur des galettes de burger cuites sur le gril excite les papilles. Au bout de vingt minutes, on nous assigne une table.

Le menu est court, mais élaboré et comporte des noms aussi cools qu’appétissants à prononcer tels que le burger It’s always sunny. Comme entrée, le popcorn à base de gras de bacon que Josh choisit nous fait saliver.  J’opte pour le hamburger 3AM in Venice, un sandwich avec fromage mozzarella à la viande marinée dans une sauce tomate, basilic, pesto, poivre et vinaigrette balsamique.  C’est sans conteste, le meilleur qu’il m’ait été donné de savourer à date. À côté de ça, les hamburgers du McDonald’s ressemblent à des galettes de riz sec.

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Bae y va d’un délicieux Le Royale, un burger composé de fromage Havarti fondant à l’oignon, de pommes de terre croustillantes et d’une confiture de bacon fumé.  Je suis jalouse de la relation intime entre Chéri et son hamburger. Il caresse le morceau du bout de ses doigts. Il ouvre grand la bouche et embrasse tendrement le mélange de pains et de viande. Il déguste chaque morceau passionnément comme s’il s’agissait de la femme de sa vie.

Il termine son joyeux festin l’air comblé. Le revoilà, c’est mon homme! Il a enfin retrouvé sa bonne humeur habituelle. L’expression sur son visage me rappelle alors ces précieuses paroles que me disait souvent ma mère : «Le véritable chemin pour toucher le cœur d’un homme, c’est par son estomac».

Joshua en voyage

«Maman, où est-ce qu’on va cette fois?». Ces quelques mots me ramènent les deux pieds sur terre. Où avais-je la tête? Nous ne sommes pas encore partis que je suis déjà entrain de rêvasser.

Je songe aux aventures qui nous attendent lors de notre prochaine escapade dans la province ontarienne, un territoire si vaste que plusieurs heures sont nécessaires pour traverser du nord au sud ou même de l’est à l’ouest ses frontières.

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Je prépare nos valises. J’aime voyager léger. Par contre, plus souvent qu’autrement mon minimum se transforme en une massive cargaison qui pourrait facilement desservir une partie de l’Afrique. Je suis toujours surprise de voir la quantité de choses que je traîne.

Sans avertissement, ces objets, que je nomme affectueusement mes au-cas-où, s’infiltrent un à un dans nos bagages et finissent par occuper toute l’espace dans la voiture.

Deux paires de bottes, au cas où il neige ou qu’il pleuve ou que l’une se salisse. Deux paires de mitaines, au cas où la première serait mouillée. Six chandails en laine, au cas où il fait trop froid. Trois couvertes, un oreiller et alouette. Après tout, qui sait ce que l’on pourrait avoir de besoin durant ces trois jours à l’extérieur de la ville.

Tandis que je plis minutieusement les vêtements à emporter, Joshua est assis devant l’ordinateur. Il est dos à moi, mais je l’entends pratiquement se rouler les yeux vers le ciel quand je lui dis que nous partons pour Hamilton. «Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas juste rester à la maison», qu’il me répond dans un soupir d’exaspération.

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Le véritable amour de ma vie, c’est le voyage. C’est un des seuls passe-temps qui m’animent vraiment. J’adore visiter des endroits où je n’ai jamais mis les pieds. En autant qu’il y a des odeurs différentes, de la nourriture locale à expérimenter, des gens à rencontrer et des choses à voir, je me sens partout chez moi.

Mes périples m’ont fait grandir et m’ont appris à m’adapter à quasi n’importe quelle situation. Je peux aussi bien dormir dans un hôtel cinq étoiles que dans une voiture ou sur le plancher froid d’un sous-sol d’église. Sans ces expéditions, ma vie ne serait pas pareille.

Contrairement à moi, Joshua déteste les excursions. S’il avait le choix entre faire le tour des parcs d’attraction de la ville une seule fois par année OU rester enfermé dans sa chambre sans nourriture et sans boisson pendant un mois avec pour seul compagnon un appareil électronique, je suis convaincue qu’il choisirait sans broncher la dernière option.

Plus sédentaire que lui, tu meurs. «Pourquoi faire autant d’effort à la recherche de plaisir, quand tu as tant de fun juste ici?», il me rétorque, en caressant amoureusement la tablette dernier cri qu’il a reçue en cadeau à Noël.

Il a une sainte horreur de tout ce qu’il l’éloigne de son écran lumineux. Il aime autant les voyages qu’un poisson apprécie le grand air. Pour lui les voyages, ça pue, c’est long et ça ne mène nulle part. En plus, ça ne finit jamais et quand ça finit par finir, on revient inévitablement au point départ.

Malgré tout, j’essaie de lui faire voir le bon côté d’une escapade, comme les sorties au resto, les rapprochements mère-fils et le luxe de dormir à l’hôtel, mais rien n’y fait. Qu’à cela ne tienne, un jour je suis sûr qu’il comprendra.

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En attendant, c’est moi l’adulte. Donc c’est moi qui a le dernier mot et le mot que j’ai à l’esprit, c’est : Hamilton. Alors nous voilà dans cette ville située à une heure de Toronto. Ce matin, je me sens d’attaque pour parcourir les rues de la ville.

C’est un Joshua grincheux que je réussis tant bien que mal à extirper du lit de la chambre d’hôtel pour m’accompagner dans une balade. L’hiver est toujours bien présent, mais la température est clémente, idéal pour une promenade à pied.

Le soleil réchauffe le visage. L’odeur du gaz qui s’échappe des voitures chatouille les narines. Il fait encore tôt, par conséquent, les passants sont peu nombreux sur la rue James. On passe devant Lloyd D. Jackson Square, un grand centre d’achat qui n’est pas encore ouvert à cette heure matinale.

Les couleurs bleu, rouge et jaune sur le côté d’une bâtisse attirent mon attention. Je me rapproche pour admirer le tout. Je scrute le travail de l’artiste qui a créé ce graffiti. Je ne suis pas la seule; Joshua semble aussi absorbé que moi par le chef d’œuvre. Il regarde avec beaucoup d’attention le spectacle de couleurs, avec le même regard qu’il a lorsque ses yeux sont rivés sur l’écran de son téléphone cellulaire.

Joshua est fasciné. Il se dirige ensuite vers le mur de l’immeuble adjacent pour voir les autres dessins. Comme dans une galerie d’art à ciel ouvert, la ruelle exhibe plusieurs croquis. Il sort son téléphone et capture l’œuvre sur son appareil.

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C’est beau à voir. Je suis contente de voir mon fils s’adonner ainsi à ce loisir de façon si naturel et spontané. L’excitation est palpable dans son regard. Je sens, l’espace d’un moment, qu’il partage enfin ma soif de découverte.

Cet instant ne dure que quelques minutes, une quinzaine tout au plus, mais pour une rare fois lors de nos voyages, je me sens connectée à ce garçon. Cet art a fait le pont entre nous et nous rapproche. Je l’imagine lors de nos prochaines explorations dans une incessante quête des graffitis à voir dans les grandes comme dans les petites villes. Mais ma rêverie est subitement interrompue lorsque j’entends un…«Allez Maman, on rentre maintenant?».

Justin Bieber’s Stratford

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I had never been or even heard of Stratford before, much less of its connection with the pop star Justin Bieber. What prompted me to visit the area was an article about places to see during winter. I felt an urge to wander in an environment I had never visited in the past. After some online research, I grew curious. So I went on to discover in person this city of Southwestern Ontario.

Upon arrival, an enchanting setting awaits me. Mother Nature is dressed in her finest white gown. Trees, streams, roads, cars, buildings are all covered with a thick ivory cape. An icy wind blows and sweeps everything on its path. He is so powerful; he invites those who dare to come across him in a dance that almost makes them lose their balance. Armed with my winter jacket, my snow pants, my boots, my mitts and my hat, I’m not afraid to face the fiercest blizzard in this quest for new adventures.

First stop? The Tourism office which is an excellent starting point to find your way around and fill up on tourist guides, maps and information on what to see and do. Between the entrance door and the reception desk, I find a locked glass cabinet. As I get closer, I wonder what could be so precious that it needed to be kept jealously guarded like this.

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“It was signed by Justin Bieber”, said a tall blonde lady with short blond hair, sparkling eyes and a sophisticated look, referring to the blood-red guitar inside the cabinet. She went on and talks about Stratford’s places where the singer used to hang out. As she speaking, I listen to her proudly enumerating with passion and a deep sense of belongings some of the attractions people can visit to experience Justin’s city. She then hands me a map of all the locations in question.

My tour continues with the Avon Theater on Downie Street which is a short walk from the Tourism office. Many artists from the Canadian art scene evolved in this place. It is also in front of it that the pop star offered the first performance that made him famous, thanks to a Youtube video where he is seen singing on the Avon Theatre’s steps. It is said that, at the time, he was performing to collect money to bring his mother on a trip to Walt Disney World.

However, unlike the warm Florida heat, it’s very cold here. The wind is making it difficult to simply walk down the street. It is nearly minus 30 degrees outside. But this doesn’t stop the stars from shining. Literally. Stratford has its own Walk of Fame conveniently located in front of the Avon Theater’s steps. Several golden stars are embedded in the sidewalk and are covered with a sparkling white snow.

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In front of the beige building, I immerse myself in the Bieber spirit. I scan the ground and with my right foot I push away the accumulated flakes in search of his plaque. A man, which I assume to be the janitor, is methodically driving a mini snow-blower on the sidewalk paying no attention whatsoever to anything else that is going on around him.

When he finally realizes my presence, he stops and takes a long glance. He looks at me as if I was wearing a bikini in the middle of the storm. He then exclaimed: « WTF?! Did you lose something? He shouts. Surprised, I answer: « I’m looking for Justin Bieber’s star ».

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He pauses a moment, turns around and heads in the opposite direction. I follow him. He pulls out of his pocket a small brush, bends a knee on the floor and proceeds to dusts with a sense of duty the snow off from a portion of the sidewalk.  “That Justin, he’s a good boy!” he replies pointing to the singer’ star on the ground and then returning to his job. Staring at the plate, and meditating on what the gentlemen had just said, I think I understand how boundless is the Stratfordians affection for their beloved child.

After the theater, I walk a few steps away. I see an enormous red brick historic building. It looks like a medieval castle. It’s the City Hall. In addition to providing essential services to the citizens, the place welcomes visitors for many events. The popular vocalist also played his first recorded song at a concert to raise funds for the food bank.

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I choose to stop at Madelyn’s Diner for lunch, which takes me to the other side of the city. Upon entering the dining room, the smell of fresh coffee and greasy bacon warms me immediately. The decor inside the dining area is modest with tones of green and black covering the walls, but it’s nice and warm in contrast to the windy temperature on the other side of the windows.

The menu lists a variety of classic breakfasts such as eggs served with a choice of meat and delicious roasted potatoes and buttered toasts. Hmmm… my mouth is watering. There are also the delicious hamburgers or chicken fingers served with potatoes and veggies. Seeing the plates, I’m not surprised to learn that this is one of the international star’s favorite restaurants and that he often shared a meal here with his mother.

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For my next stop, the waitress of the restaurant recommends the creamery Scooper’s frequented by JB. The lady, a talkative blonde with graceful wrinkles and a contagious enthusiasm, told me that often, after a game of soccer, Bieber would join friends to enjoy a sweet ice cream cone. So I head down to Erie Street shop. There, I felt like a child in a candy store. They had so many choices of frozen desserts to choose from with flavors as colorful as the turquoise and yellow wall of the front facade.

To complete this tour, I stop at the Perth Museum where an exhibition on the legend is taking place. Unfortunately, I arrived there way too early. The event is taking place in only a few days and the museum is deserted because of the storm. Nobody is around, except for the general manager, an exciting and passionate man, who tells me many interesting anecdotes about the Bieber family. He gives me a personal tour of the establishment. I feel honoured. He even agrees to show me some objects, intended for the upcoming exhibition, which belonged to the 23-year-old artist.

I had never been a big fan of the singer, but here I am, amazed with my own self to be so captivated by everything Justin.

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Sue’s world in St-Marys

 

I met Sue Griffiths through an acquaintance of mine who warmly recommended I’d stopped by this special store in St-Marys if I was looking for something unique to do. This friend promised I’d have a good time there. So here I was, venturing on another voyage after a short getaway in Stratford.

When you drive on Line 9 in Southwestern Ontario, shortly after Stratford, you pass to a community called St. Marys. Somewhere Downtown, you find many shops on both side of the main street. Among them, there’s a Chinese restaurant, a candy store, a sports center and the Village Craft and Candle, a shop specialized in candles of all kinds, small, big, yellow, orange and pink ones.

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The shop is a world in itself, full of bright colors and different smells. As you enter the front door, the sound of the bell ringing and the aromas of vanilla, jasmine mixed with mint indicates you have just penetrated into Sue Griffiths’ world. It’s often behind the counter that you‘ll see this tall lady with short dark hair, rosy cheeks and sparkling brown eyes. When she’s not giving workshops, she blends essential oils to create new fragrances. Behind her strong physical build, the owner of the Village Craft and Candle has a strength only seen in the eyes of those beings that have overcome many obstacles to achieve their goals.

St. Marys may be a small town, but the Queen Street’s boutique is busy most of the time. People come in and out like in a convenience store. Despite this success, Sue never dreamed of opening her own store. On the contrary, prior to the wax business, she worked in the security and comfort of an office job. Having recently become a mother, though, she tried to make ends meet. It was then she discovered the Tupperware industry. This type of side hustle suited her perfectly. During the day, she would go to her job while some nights, she could take care of her parental responsibilities while selling sealed containers around a good tea and delicious bites with friends and family in the comfort of her home.

It wasn’t long before a friend invited Sue to attend a social meeting where they would exchange stories and sell candles. She gladly agreed to come as a way to thank her companion who often took part in her own Tupperware gatherings. During the evening, the participants arrived one by one, discussed, commented and cheered over the presentation. Sue was amazed at how fast the merchandise was selling, almost like ice cream on a hot summer day. It was nevertheless the same principle as for the popular brand of containers. The only difference was, unlike plastic dishes with the capacity of lasting an eternity, the candles could exhaust quickly.

Sue Griffith

Sue went home that evening, amazed. AH HA! , she thought to herself. She realized how much the candles sales could become more profitable than those of hermetic dishes. The very next day, she inquired about the product and the sales process which in theory, should’ve been easy peazy for a professional like Sue. The reality was not so simple. Indeed, the wax field was very different from the Tupperware’s. For example, the association required future sellers to meet a number of conditions including: signing a lease, attend a certain amount of events per week and having a van, which Sue didn’t possess.

She was annoyed by these obstacles. What could she do? She thought, then thought, and gave the matter some more though. After a few weeks, she came up with an idea. She decided she would simply sell the candles on her own, without the association’s blessings, which meant, she had to figure how to make the candles, purchase the material necessary to produce them and start selling.

DIY (Do-it-yourself) and making stuffs were part of Sue’s natural talents. Since her childhood, she had always liked to create things. This kind of work did not scare her, not in the least. So she embarked on the project of learning. When she wasn’t working, all of her spare time was used to tinker, assemble, do and undo the perfect recipe to create scented wax pots; some with lilac scent, others with rose aromas, a quantity with sweet lemon.

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Things were moving right along. Over time, this simple hobby became a real passion for her. Her interest was contagious and soon, people from the community came by hundreds and hundreds to buy small scented jars. “My living room became the shipping and receiving department, recalls the owner.” Her basement turned into a shop open seven days a week. During the day, she’d take care of the kids. Nap time, was for candle making, sales and social gatherings were taking place in the evenings, while the weekends were devoted to products presentation. “Life squeezed into all the spaces in between” she vividly recalls.

The sale of candles became so lucrative the shopkeeper had no choice but to abandon her full time job. Needless to say, Sue eventually opened her own shop in central St. Marys. Twenty years later, the Village Craft and Candle’s reputation grew steadily beyond the small town boundaries. Still, if you happen to pass by, chances are, behind the counter is where you’ll find Sue Griffiths making scented candles.

To have a glimpse of the candle making process, watch this video.

 

 

La charmante Saint-Marys

C’est l’hiver, mais la température ici à Saint-Marys est agréable. Il fait moins 5 degrés à l’extérieur. Les flocons de neige tombent et disparaissent presqu’aussitôt arrivés sur le sol. En ce début d’après-midi, l’atmosphère est paisible. Quand on se promène à l’entrée du village, on peut entendre la rivière couler en arrière-plan.

Le centre-ville

On dirait que le temps s’arrête dans cette petite municipalité du sud-ouest de l’Ontario. J’imagine facilement passé dans ce village durant l’été et observer un grand-père dansant de l’avant à l’arrière sur sa chaise berçante en bois avec comme musique de fond un air de country qui joue à la radio.

Je suis assise dans le seul Tim Horton’s de la région. Les gens ont l’air de tous se connaître. Chaque client qui entre à l’intérieur du café en interpelle un autre. Ils se saluent, se donnent une accolade, puis se racontent des blagues ou discutent de la pluie et du beau temps. La plupart des clients de l’endroit sont âgés.

Hotel de ville

Mon fils Joshua et moi, sommes les seuls à ne pas coller au portrait. Peut-être est-ce l’âge ou encore notre peau couleur chocolat-caramel qui contraste avec le reste des personnes ou peut-être est-ce tout simplement le fait que nous sommes deux inconnus au milieu d’une communauté tissée serrée.

Tout comme le Tim, la plupart des commerces se trouvent sur la rue principale. Tout est proche à Saint-Marys peu importe l’endroit où l’on se situe. Il y a l’Hôtel de ville, le restaurant chinois, le magasin de bonbons, puis la boutique de chandelles.

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Ce ne sont pas les parcs qui manquent à Saint-Marys et après notre visite dans la petite boutique de bougies, nous terminons la journée dans le parc Milt Dunnel qui longe la rivière Thames. Ce parc pittoresque offre une vue magnifique sur le cours d’eau et la ville. C’est surtout le cas sur le sentier du Grand Trunk Trail, une ancienne voie ferrée du CN, transformé en une belle passerelle.

Je m’y balade pendant de longues minutes sans me fatiguer du paysage. En marchant sur le pont, je croise un passant que je salue et qui me salue chaleureusement en retour et l’espace d’un instant, je n’ai plus l’impression d’être si étrangère dans ce coin de pays.

Riviere Thames

Où manger à Stratford, Ontario

Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours adoré les hamburgers et plus particulièrement les frites qui sont mon péché mignon.

Même l’estomac plein, je ne semble jamais être en mesure de dire non à un de ces délicieux bâtonnets de pomme de terre doré (coupe régulière svp).

Tout ce qui pouvait provenir des McDonald’s, Burger King et Mikes de ce monde était plus que bienvenu dans mon assiette.
Au fil du temps, mes goûts se sont raffinés. Bien que j’apprécie toujours l’heureux mariage du sandwich-patate, j’aime m’aventurer dans différents restaurants pour tenter de nouvelles expériences culinaires.

Le défi lorsque l’on arrive dans un endroit que l’on connaît peu ou pas, est de trouver un resto qui répondra à nos attentes.

Lors de mon voyage dans la ville de Stratford, en Ontario, j’ai à ma grande surprise fais de belles découvertes. La municipalité de 30 000 habitants (soit 90 fois moins qu’à Toronto) a beaucoup à offrir à ce niveau avec une variété d’établissements pour tous les goûts.
Par exemple, si vous cherchez quelque chose de léger mais simple, c’est au York Street Kitchen qu’il faut aller. Ce tout petit restaurant compte quelques modestes tables recouvertes de nappes en plastique bon marché. Pas l’idéal pour célébrer un événement spécial, mais ne vous fiez pas aux apparences car dans ce petit casse-croûte, on sert de succulents et créatifs sandwiches bien garnis.

Vous pouvez en plus créer votre propre sandwich à partir d’un choix de garnitures et de pains. Pour accompagner le tout, je recommande l’onctueux cidre de pommes chaud, une boisson apaisante qui représente l’ultime délice, surtout par temps froid.
Le Bard’s, offre quant à lui, des repas plus consistants.

Le menu comprend une sélection délicieuse de steaks, de sandwiches, d’amuse-gueules, et plus. Leur collection de 140 bières a de quoi rendre jaloux le magasin d’alcool du coin.

Le tout vous est servi dans une ambiance décontractée pour tous les types de famille. Par ailleurs, divers groupes de musique jouent à l’occasion sur scène et des événements sportifs sont régulièrement présentés sur grands écrans.
À quelques portes de là, c’est le Revel Café, un endroit qui m’a charmé dès le tout premier instant. Déjà en entrant, j’ai senti mes jambes faiblir devant l’invitant arôme du café moulu et des pâtisseries fraîchement préparées sur place. Chaque samedi une sorte différente de beignes est apprêtée devant vos yeux.

L’atmosphère est chaleureuse, relax et sans prétention. C’est l’endroit idéal pour la jeune mère qui veut relaxer le samedi matin avec son bambin tout en sirotant un sublime chocolat chaud ou pour le professionnel qui désire clore des affaires dans une ambiance décontracté avec son premier café matinal en main.

Ce n’est pas tout. Stratford offre aussi un Sentier de chocolats. Rien ne saura ravir l’amateur de sucrerie en vous telle qu’une escapade dans les chocolateries et pâtisseries du secteur. Les onctueux morceaux de chocolats de chez Rheo Thompson Candies vous donneront l’eau à la bouche tandis que chez JENN et Larry’s, c’est la combinaison de desserts glacés à la crème anglaise enrobée d’un fondant au chocolat chaud riche qui enchantera vos sens.

Et que dire des décadents cupcakes de chez Kandy Cakes aux couleurs plus festives les unes que les autres? Ils vous feront tout simplement retombés en enfance.